Sébastien Tixeuil -- Un an plus tard, il est toujours difficile d’accepter la mort d’Alexandre. Son absence a laissé un vide que rien n’a vraiment comblé, et son souvenir continue de nous accompagner, à la fois doux et douloureux. Alexandre, c’était d’abord un chercheur enthousiaste, toujours prêt à aider, toujours prêt à s’émerveiller d’une idée, d’un résultat, d’une intuition. Il avait cette façon bien à lui d’arriver aux réunions avec de nouveaux résultats, un sourire en coin, et un enthousiasme contagieux. Je repense souvent à la soumission de son tout premier article de doctorat, finalement accepté dans une conférence internationale prestigieuse. Avec une candeur désarmante, Alexandre m’avait demandé si une série de « micro‑résultats », comme il disait, pouvait vraiment conduire à une thèse. Cette question révélait une humilité sincère, presque naïve : il ne voyait pas encore ce que je percevais déjà très clairement : la solidité de son travail, et la promesse qu’il portait. Et puis il y avait ce rituel qui nous faisait sourire : à chaque ouverture de soumission, Alexandre était prêt. Tellement prêt que ses numéros de dépôt étaient presque toujours 1 ou 2. Il guettait l’ouverture du portail chaque matin. Son article était finalisé depuis longtemps, bien sûr — mais surtout, il avait hâte de partager. Dans ses écrits comme dans ses présentations, il avait une autre marque de fabrique : il refusait de « rajouter du gras ». Il donnait exactement ce qu’il fallait pour comprendre un résultat — pas plus, jamais moins. Cette sobriété était une forme de respect — pour la science, et pour celles et ceux qui le lisaient. Nous avons perdu un collègue, un ami, un jeune chercheur promis à tant de belles choses. Que son souvenir continue de nous inspirer, dans nos travaux comme dans nos vies.